Les Canuts de 1831, chant révolutionnaire des ouvriers tisserands

les Canuts de 1831, chansons interprétées par Yves Montand

Paroles les Canuts de 1831

Pour chanter « Veni Creator »
Il faut avoir chasuble d’or.
Il faut avoir chasuble d’or.

Nous en tissons
Pour vous, gens de l’église,
Mais nous pauvres canuts,
N’avons point de chemises.

Nous sommes les Canuts
Nous allons tout nus.

La révolte des Canuts
Pour gouverner, il faut avoir
Manteau et ruban en sautoir.
Manteau et ruban en sautoir.

Nous en tissons
Pour vous, grands de la terre,
Mais nous pauvres canuts,
Sans draps on nous enterre.

Nous sommes les Canuts
Nous allons tout nus.

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Quand votre règne finira.

Nous tisserons
Le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde.

Nous sommes les Canuts
Nous n’irons plus nus.
Nous n’irons plus nus.

les Canuts, le chant révolutionnaire français

 

Biographie de la chanson les canuts

Ils étaient des ouvriers tisserands de la soie sur les machines à tisser. Ils se trouvaient principalement dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon (France) au xixe siècle.

Les Canuts, surtout par leurs révoltes, vont influencer les grands mouvements de pensée sociale du xixe siècle, des saint-simoniens à Karl Marx, en passant par Fourier ou Proudhon

Les canuts, étant soumis à de rudes conditions de travail (ils travaillaient dix-huit heures par jour), se révoltent à de nombreuses reprises (cf. l’article détaillé Révolte des Canuts). Leur première révolte, en novembre 1831, est considérée comme l’une des premières révoltes ouvrières. Ils occupent Lyon aux cris de : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Le roi Louis-Philippe envoie 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer l’émeute.

Le , Les Canuts se révoltent de nouveau, en occupant les hauteurs de Lyon, et ils font face pendant six jours à 12 000 soldats, en mettant à profit les traboules, passages obscurs qui permettent d’aller d’une rue à l’autre à travers les immeubles.

Une troisième insurrection a lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Deuxième République. Elle est menée par la société ouvrière des « Voraces ». La république permettra aux sociétés ouvrières de sortir de la clandestinité en autorisant les associations de type mutualiste ou coopératif.

Les mêmes Voraces mènent une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens. Circonscrite sur le faubourg de la Croix-Rousse, elle est violemment réprimée.