Dagobert Ier roi des Francs de la dynastie mérovingienne

Dagobert Ier, né vers 602 ou 605, mort le 19 janvier 638 ou 639, est un roi des Francs de la dynastie mérovingienne. Fils de Clotaire II (584-629), un arrière-petit-fils de Clovis, il règne sur l’Austrasie de 622 à 632 et est roi des Francs de 629 à 639. Durant cette période, il a sa résidence le plus souvent autour de Paris, notamment à Clichy (actuel département des Hauts-de-Seine). Sous son règne, la royauté mérovingienne jette un dernier éclat avant que la réalité du pouvoir ne passe aux maires du palais.

Dagobert Ier

Biographie Dagobert Ier

Dagobert Ier est le fils de Clotaire II (fils de Chilpéric Ier et arrière-petit-fils de Clovis). Sa mère s’appelle Bertrude. À l’âge de neuf ans, il est atteint d’une entérite colique. Bertrude l’envoie, avec son demi-frère Caribert, dans la villa royale de Reuilly, à l’est de Paris. Il est instruit par des clercs qui lui enseignent le latin et l’histoire. À dix ans, il apprend à monter à cheval, pratique du sport et le maniement des armes.

Il pratique également comme passe-temps certaines activités manuelles comme l’ébénisterie et la menuiserie. En 615, il rejoint la cour du roi son père, avec qui il entretient des relations dictées par la raison d’État, pour y suivre l’instruction de l’École du palais où il enrichit ses connaissances politiques et administratives. En 618, quelques mois après le décès de Bertrude, l’épouse de Clotaire, ce dernier, père de Dagobert Ier se remarie avec Sichilde, alors gouvernante de Caribert.

Dagobert Ier la voit comme une intrigante cherchant à favoriser Caribert tout en la soupçonnant d’avoir été la maîtresse de son père. Avec son frère Brodulf (ou Brunulf), elle tente de faire obtenir un héritage égal entre les deux fils de Clotaire, alors que Caribert est mis à l’écart de la succession royale pour cause d’incapacité à régner.

En 621, aux quinze ans de Caribert, Sichilde obtient de Clotaire un don de petits domaines disparates et éloignés les uns des autres, formant des comtés gérés par des intendants royaux, à chacun de ses deux fils. L’âge de la majorité est donné aux deux princes, supprimant leur gouvernance. En guise de remplacement, un maire du palais est désigné pour chacun d’eux, bien que ne régnant sur aucun royaume.

Harmaire échoit à Caribert, quant à Dagobert Ier, il lui est permis de choisir : il propose le duc Ega, qui, en plus d’avoir bonne réputation, participe à sa formation à l’école du palais, ce dernier accepte et la proposition est approuvée par le roi.

Brodulf et Sichilde font en sorte d’éloigner le plus possible Dagobert Ier de la cour, afin que le roi porte plus d’attention à Caribert, en incitant Clotaire à envoyer Dagobert Ier un peu partout à travers la Gaule : en Austrasie, Burgondie et Neustrie.

Ceci permet à Dagobert Ier de connaître les régions du royaume avec leurs particularités, de rencontrer des gens de toutes conditions et de visiter toutes sortes de lieux, de lier des relations et d’être perçu comme délégué de la couronne. En 622, il siège au conseil du royaume, où il participe aux décisions gouvernementales en étant consulté par son père et ses ministres.

Il recommande la prolifération des immunistes, octroyant un diplôme royal d’immunité aux propriétaires de domaine, refusant l’accès au domaine à toute personne extérieure autre que le roi afin de limiter le pouvoir des Grands du royaume qui usurpent le pouvoir du roi pour exercer une juridiction à ses dépens et accaparer des pouvoirs judiciaires ainsi que des biens, taxes, capitations, récoltes…

Dagobert Ier promeut également des recommandations pour assurer une meilleure hiérarchisation seigneuriale : un seigneur reçoit l’hommage d’un guerrier ou d’un chef qui prête serment de fidélité et offre ses services en échange d’avantages et de la protection du seigneur. Une protection spéciale et des devoirs particuliers sont attribués à ceux qui se recommandent au roi.

Les leudes sont des recommandés qui placent leurs terres sous la protection du roi et en échange de quoi, le roi leur en offre d’autres. 

Dans le but d’augmenter la production agricole des paysans libres, le concept d’origine romaine des précaires est répandu : un propriétaire terrien accorde l’exploitation d’un terrain à un paysan libre pour un certain nombre d’années qui peut faire ce que bon lui semble de la récolte, en échange le paysan doit aménager et entretenir la terre. À l’expiration du délai d’exploitation, le propriétaire bénéficie des aménagements et constructions réalisées.

Pour fidéliser les vassaux à la monarchie, des bénéfices peuvent être accordés : l’usufruit d’un domaine, pour une durée déterminée d’au moins cinq ans et à vie la plupart du temps, est attribué à un favori du roi en échange de services rendus.