Le château de Peyrepertuse est un château dit cathare

Le château de Peyrepertuse est un château dit « cathare » situé dans le département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Il est le centre du micro-pays et de l’ancienne seigneurie du Peyrepertusès (en occitan : Pèirapertusés) qui veut dire « pierre percée »

Château de Peyrepertuse

Situation géographique du château de Peyrepertuse : Il est situé sur la commune de Duilhac-sous-Peyrepertuse département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées dans les Corbières.

Il se trouve sur une crête calcaire à près de 800 m d’altitude, en haut d’une colline qui sépare Duilhac du village de Rouffiac-des-Corbières, dominant garrigue et vignes. Position stratégique qui permet à la fois de voir loin dans les différentes vallées qui l’entourent, de contrôler les cols ou de communiquer des signaux au château de Quéribus un peu plus au sud.

La vue du château de Peyrepertuse depuis Duilhac (au sud) est impressionnante grâce à la falaise de 30 à 40 mètres sur laquelle le château est posé. L’entrée principale se trouve du côté nord, mais à l’époque des Cathares un passage secret permettait après un chemin étroit derrière un gros éperon rocheux de rentrer dans le château par une échelle amovible. Aujourd’hui la poterne du passage secret est fermée mais le chemin est toujours là (le passage derrière l’éperon est exceptionnel) et on peut terminer l’ascension par une voie d’escalade.

Le château de Peyrepertuse fait partie des « Cinq fils de Carcassonne » avec les châteaux de Quéribus, Puilaurens, Termes et Aguilar, tous situés en haut de pitons rocheux « imprenables ». Il est surnommé la « Carcassonne céleste » car c’est le plus grand des cinq châteaux et qu’il était aussi vaste que Carcassonne.

Château de Peyrepertuse

L’histoire du château de Peyrepertuse : Le site fut occupé à l’époque romaine dès le début du premier siècle avant Jésus-Christ, comme l’ont montré des fouilles récentes. En 806 apparurent les premières mentions du château dans l’Histoire. Il était alors catalan et s’appelait Perapertusès.

Il appartenait au comte de Besalú, une petite ville située en Catalogne entre Figueres et Olot, dans un texte de 1020. La première mention du château date de 1070. Il passa ensuite dans le comté de Barcelone en 1111, puis dans la vicomté de Narbonne. À partir 1180, le comte de Barcelone, Alphonse II devenu roi d’Aragon s’émancipa de sa vassalité au roi de France. La zone devint de facto une frontière.

À l’époque de la croisade contre les Albigeois, il était le fief de Guillaume de Peyrepertuse qui, ne voulant pas se soumettre, fut excommunié en 1224. Ce dernier se soumit après l’échec du siège de Carcassonne, et le château devint une possession française en 1240. En 1242, Saint-Louis décida de le renforcer et de lui ajouter une deuxième partie, le donjon Sant Jòrdi, situé plus en hauteur sur la crête ; le donjon Sant-Jordi fut alors construit en 1250-51 et on réaménagea le Donjon Vieux ainsi que l’église Sainte-Marie qui existait antérieurement.

La situation était confuse dans cette région jusqu’à la signature du traité de Corbeil en 1258 laissant libre la Catalogne et le Languedoc. Il fixait aussi la frontière juste au sud du château de Peyrepertuse. Celui-ci, comme ses voisins, les châteaux de Puilaurens et Quéribus, était une des forteresses royales reconstruites à la fin du xiiie siècle pour défendre la frontière contre le royaume d’Aragon puis l’Espagne jusqu’au xviie siècle.

En 1355, le château de Peyrepertuse fut remis en état de défense et Henri de Transtamare, prétendant au trône de Castille, défait à Navarette, fut autorisé par le roi de France Charles V à s’y réfugier. En 1542, Jean de Graves, seigneur de Sérignan, s’empara du château au nom de la Réforme, mais fut pris et exécuté.

Le château de Peyrepertuse fut déclassé comme place frontière lors du Traité des Pyrénées en 1659 ayant perdu son intérêt stratégique. Bien que la citadelle eut beaucoup moins de valeur depuis l’annexion du Roussillon en 1658, une faible garnison commandée par un officier subalterne fut maintenue jusqu’à la Révolution française, pendant laquelle il fut abandonné. Vendu comme Bien National en 1820, ses ruines subsistèrent jusqu’à aujourd’hui. La première campagne de consolidation du monument commença en 1950.

Château de Peyrepertuse  visite du château